Lieu historique national du Canada du Fort-St.-Joseph

Le fort St.Joseph, situé près de Sault Ste. Marie en Ontario, est désigné en 1923 lieu historique national par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada en reconnaissance de l’importance du fort St. Joseph. C’est le poste britannique le plus à l’ouest et il joue un rôle majeur dans la traite des fourrures et le maintien de l’alliance avec les Premières Nations. Le fort sert de lieu de ralliement quand les États-Unis déclarent la guerre à la Grande-Bretagne, déclenchant ainsi la Guerre de 1812.

Les terres du site sont transférées à la Division des parcs nationaux en 1926. De nos jours, Parcs Canada offre au public des visites des ruines exposées et stabilisées découvertes lors de fouilles archéologiques approfondies. Les agents du centre d’accueil des visiteurs et le personnel du parc contribuent à ranimer l’esprit du site.

Historique du fort St. Joseph

Le fort St. Joseph est construit par les Anglais entre 1797 et 1805 sur la pointe sud de l’île St. Joseph dans la rivière St Mary’s. Il s’agit d’un modeste fort composé d’un blockhaus, d’une poudrière, d’une boulangerie, d’une maison du Conseil de bande et d’un entrepôt. La capacité défensive du fort consiste en une palissade armée de quatre pièces de six livres et de six petits pierriers, en plus d’abriter la plupart du temps une garnison composée d’un petit détachement de quelques soldats.

La Southwest Company établit un poste de traite au fort St. Joseph en 1798 et plusieurs de ses employés construisent leur maison ou leur cabane à proximité. Un grand nombre de membres des Premières Nations viennent sur l’île pour rencontrer des agents du Département indien britannique et pour faire des affaires avec les commerçants de fourrure.

L’annonce que les Américains ont déclaré la guerre à l’Angleterre le 18 juin 1812 parvient à Montréal le 24 juin. Un message est envoyé peu après au fort St. Joseph pour en informer le chef de commandement, le capitaine Charles Roberts, et lui ordonner de prendre les mesures appropriées pour défendre son poste. Le messager arrive au fort St. Joseph le 11 juillet.

Roberts est à la tête de 45 soldats du 10e bataillon du Royal Veterans et de quelques artilleurs. Il reçoit des ordres contradictoires du major-général Isaac Brock , qui lui ordonne à la fois de mettre sur pied des mesures défensives et de lancer une attaque sur le fort Michilimackinac, un fort américain, à mesure que la situation évolue. Roberts opte pour l’attaque puisque le fort St. Joseph n’est pas défendable. Il rassemble des combattants de sa propre garnison, 200 travailleurs de la traite de fourrure et quelques centaines de membres des Premières Nations sympathisants et les embarque à bord de la goélette Caledonia de la Compagnie du Nord-Ouest et de canots amérindiens qui les emmènent à Michilimackinac.

Arrivés à l’île Mackinac à l’aube du 17 juillet, ses hommes tirent deux petites pièces d’artillerie au sommet d’une colline qui surplombe le fort américain. Roberts envoie un porteur de drapeau blanc pour informer le commandant des forces américaines, le lieutenant Jarvis Hanks, que la guerre est déclarée et que les soldats britanniques et leurs alliés autochtones ont l’intention d’envahir le fort. Hanks décide alors de capituler.

Après la victoire des Anglais, la majorité des effectifs de la garnison britannique et des travailleurs de la traite de fourrure quitte St. Joseph pour se rendre à la fortification plus imposante de Michilimackinac, et même le semblant de garnison qui demeure au fort St. Joseph le quitte avant l’été 1814. Le 3 juillet 1814, plusieurs centaines de soldats d’une flottille américaine de cinq navires militaires passant dans les environs débarquent sur l’île St. Joseph et incendient le fort. Ces derniers tentent également de reprendre le fort Michilimackinac quelques semaines plus tard, mais en vain.

Après la fin de la guerre de 1812, les Britanniques réparent quelques-unes des structures subsistant du fort St. Joseph et réaffectent une petite garnison à ce site. Mais après la construction d’un nouveau fort à l’île Drummond en 1815, ils décident de quitter définitivement St. Joseph en 1824.

Auteur: Ronald J. Dale

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