Lieu historique national du Canada de la Tour-Martello-de-Carleton

Situé à Saint John au Nouveau-Brunswick, le lieu historique national du Canada de la Tour-Martello-de-Carleton surplombe les voies d’approche terrestres et du port. Construite par les Britanniques pendant la Guerre de 1812, la tour dont la hauteur initiale était de 9 mètres et dont la plate-forme à canon mesurait 15 mètres de largeur à la base avait pour rôle de protéger les voies d’approche venant de l’ouest de la ville contre un éventuel assaut américain.

Aujourd’hui, le site historique national de la Tour-Martello-de-Carleton offre à ses visiteurs une salle de caserne rénovée et une poudrière, des visites guidées ainsi que la possibilité de participer à des événements spéciaux; ils peuvent de plus y admirer une exposition maintes fois récompensée. La vue panoramique spectaculaire qui s’offre aux visiteurs à partir de la plate-forme d’observation est à couper le souffle.

Historique de la Tour Martello Carleton

Quand les États-Unis déclarèrent la guerre à la Grande-Bretagne, les stratèges militaires s’inquiétèrent du fait que la défense du plus grand et du plus important port du Nouveau-Brunswick était insuffisante. Pour consolider les défenses de la ville, les Royal Engineers entreprirent de construire une tour ronde en pierre à Carleton, sur les hauteurs de Lancaster.

Son importance militaire exceptée, la nouvelle tour était alors à la fine pointe des techniques britanniques en matière de fortifications. La construction de tours comme celle-ci remonte à 1794, date à laquelle les Anglais essayèrent d’en construire une semblable à Cap Mortella en Corse, mais durent renoncer en raison des nombreuses difficultés qui surgirent. Ces tours se révélaient non seulement efficaces, mais elles coûtaient relativement peu cher. Par la suite, les Royal Engineers élaborèrent des plans conceptuels qu’ils mirent en application partout dans l’Empire britannique. La tour Martello de Carleton est un exemple classique de ce concept de fortification.

La construction de la tour débuta en 1813, mais ce n’est qu’au printemps 1815 que cette construction sera achevée, la guerre avait cependant pris fin. En l’absence de l’urgence à consolider les défenses, le retrait et l’abandon caractérisèrent l’attitude militaire envers la nouvelle tour. On ne se souviendra de son utilité que dans les moments de crise diplomatique comme la menace que constituaient les Fenians en 1866, date à laquelle la tour abritera des armes. Mais en 1866 toutefois, avec les améliorations technologiques de l’artillerie, la tour était, d’un point de vue militaire, désuète. Peu de temps après la proclamation de la Confédération, la tour passa aux mains des autorités canadiennes pour que la milice puisse s’en servir.

Au cours des 50 années suivantes, la tour joua plusieurs rôles, notamment comme lieu d’entraînement de la milice, de poudrière et de dépôt de fournitures militaires. La tour vieillit et elle dût subir plusieurs réparations en raison des ravages causés par le climat maritime. C’est à cette période que la tour commença à revêtir une nouvelle importance pour les habitants de la région. Non seulement symbolisait-elle l’engagement continu de protéger Saint John, mais elle devint une attraction touristique.

En dépit du fait que militairement, la tour était devenue obsolète, le déclenchement de la Première Guerre mondiale lui redonna vie puisqu’elle se transforma en prison militaire et éventuel poste d’observation. La guerre finie, la tour Martello de Carleton ne servit plus à rien. Après quelques négociations, la propriété de la tour passa aux mains du bureau des Parcs nationaux en 1923 et l’année suivante, elle fut désignée Lieu historique. Pendant l’entre-deux-guerres, d’importantes réparations furent faites à ce qui était en train de devenir l’une des principales attractions touristiques de Saint John.

En juin 1939, avant le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale, les autorités militaires décidèrent de reprendre possession de la tour pour en faire un poste d’observation de forteresse et un centre de commandement de tir des défenses côtières de la région. Une superstructure en béton de deux étages fut construite sur la plate-forme à canon de la tour pour abriter l’équipement sophistiqué de communication et de poursuite nécessaire au nouveau rôle qu’elle allait jouer. La tour demeura au cœur du réseau de défense de Saint John jusqu’en 1944. Cette année-là, son rôle militaire prit fin. En 1948, elle était redevenue lieu historique national et elle est désormais l’une des attractions touristiques de Saint John les plus populaires.

Auteur : R.H. McDonald

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