Lieu historique national du Canada du Champ-de-Bataille-du-Fort-George

Le Fort George et le Champ-de-Bataille-du-Fort-George, situés dans la ville de Niagara-on-the-Lake en Ontario, sont déclarés lieux historiques nationaux en 1921 par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Le fort George est une reconstitution de la fortification principale de l’armée britannique dans la péninsule du Niagara pendant la Guerre de 1812. Les forces américaines, qui le prennent pendant la Bataille du Fort George du 27 mai 1813, l’occupent pendant sept mois.

Une plaque de bronze installée sur un cairn de pierres inauguré en 1930 commémore la bataille du fort George. Au plus fort de la crise des années 30, le fort est reconstruit et remeublé pour qu’il retrouve son aspect de 1812. Une imposante fortification à six bastions en terre et à palissade escarpée est dotée de sept bâtiments reconstruits et d’une poudrière restaurée en pierre. Des guides-interprètes du patrimoine habillés en costumes d’époque animent les visites et font voyager les visiteurs dans cette période dramatique à l’aide de reconstitutions historiques, de décharges de mousquet, de tirs d’artillerie et de musique de fifre et de tambour. Le site est administré par Parcs Canada.

Le cairn commémorant la bataille du fort George, sur lequel est installée une plaque en 1923, délimite l’extrémité nord-est du lieu de la bataille situé à environ trois kilomètres au nord-ouest du fort George, au bord du lac Ontario et sur la portion nord-ouest de la rue Queen. Le principal champ de bataille n’est pas accessible au public.

Historique du fort George

L’armée anglaise commence à le construire en 1796 sur la rive opposée de la rivière Niagara après avoir abandonné de force le fort Niagara, dans l’État de New York, aux termes du Traité de Jay. Terminé en 1799, le fort sert de quartier général à l’armée anglaise et au British Indian Department pour le Haut-Canada et renforce la sécurité de la route du portage du Niagara, la principale mais vulnérable voie de transport entre les lacs Ontario et Érié.

Lorsque la guerre éclate, l’armée britannique postée dans le Haut-Canada est sous le commandement du major-général Isaac Brock. Du fort George, Brock emmène une troupe composée de soldats réguliers et de la milice au fort Amherstburg (voir Fort Malden) et lance avec succès une attaque contre Détroit. Il est tué le 13 octobre 1812 à la Bataille des Hauteurs-de- Queenston au cours de laquelle des forces d’invasion américaines sont vaincues. Brock est enterré dans un des bastions en terre du fort George (ses restes sont plus tard déplacés au Monument de Brock).

Le 25 mai 1813, les Américains qui sont au fort Niagara, situé sur la rive américaine de la rivière Niagara, à seulement 700 m du fort George, déclenchent des tirs d’artillerie lourde sur la rive canadienne et détruisent tous les bâtiments du fort George, sauf la poudrière. Deux jours plus tard, un corps d’armée américain de 5000 hommes mène une invasion amphibie contre la ville de Niagara qui met ses 1100 défenseurs hors de combat de façon décisive. Les soldats américains élèvent ensuite de nouvelles fortifications sur les ruines du fort George et occupent la ville.

Le plan des Américains est de se servir du fort George comme tête de pont pour lancer une attaque contre la base britannique de Burlington Heights (aujourd’hui Hamilton), forçant ainsi les Anglais à abandonner une grande partie du Haut-Canada. Toutefois, les défaites des Américains aux batailles de Stoney Creek et de Beaver Dams en juin 1813 anéantissent cette stratégie. Lors de leur occupation du fort George, les forces américaines ne peuvent s’aventurer au-delà des fortifications sans tomber dans des embuscades tendues par les forces régulières britanniques et leurs alliés des Premières Nations qui soutiennent un siège peu structuré des positions américaines. Finalement, le 10 décembre 1813, les Américains battent en retraite et brûlent la ville. Les Anglais réoccupent le fort le 19 décembre et prennent le fort Niagara qu’ils occuperont jusqu’à la fin de la guerre. Au printemps 1814, ils entreprennent la reconstruction du fort George et érigent de nouvelles fortifications du fort Mississauga ainsi qu’un nouvel entrepôt situé près des casernes de Butler. Bien que des troupes américaines menacent les Anglais en juillet 1814, elles n’attaquent pas le fort George.

Après la guerre, les Anglais réassignent peu à peu leurs troupes aux casernes Butler et au fort Mississauga avant d’abandonner définitivement le fort George au début des années 1830. Dès lors, les bâtiments qui ne sont plus entretenus tombent en ruines, les ouvrages de terre sont recouverts de buissons et des débris s’accumulent dans les fossés.

Auteur : Ronald J. Dale

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