Madison, James

James Madison, politicien de carrière, philosophe politique et quatrième président des États-Unis (né à King George County, Virgine, le 16 mars 1751 ; mort à Orange County, Virginie, le  28 juin 1836). James Madison conduisit son pays à la Guerre de 1812 qui allait opposer les États-Unis à la Grande-Bretagne et à ses alliés canadiens et autochtones, la première grande épreuve de force militaire pour les États-Unis depuis la Révolution américaine et la première « guerre impopulaire » de l’histoire américaine. La guerre aboutit à une impasse car les États-Unis pas plus que la Grande-Bretagne,  n’ont réussi à atteindre les objectifs fixés au début de la guerre. Les Américains ne réussirent pas non plus à atteindre le noble but vers lequel ils tendaient, à savoir la « destinée manifeste » (hégémonie américaine sur toute l’Amérique du Nord, y compris sur le Canada), but que claironnaient les « faucons de guerre » tout au long du conflit. N’étant nullement belliciste, Madison avait cependant cédé aux nombreuses pressions qui le poussaient à déclarer la guerre et fut soulagé quand la possibilité de signer la paix lui fut présentée.

Prélude à la guerre de 1812

Ami et collègue de Thomas Jefferson, Madison joua un rôle décisif dans l’élaboration de la Déclaration des droits et il fut Secrétaire d'État dans le gouvernement de Jefferson de 1801 à 1809. Alors que les Guerres napoléoniennes faisaient rage en Europe (1800-1815), les intérêts commerciaux américains s’étaient retrouvés coincés entre ceux de leurs principaux partenaires commerciaux, la France et la Grande-Bretagne. Mais de pires humiliations attendaient les Américains. Les navires de guerre britanniques commencèrent en effet à enlever des marins américains et à les enrôler de force dans la marine royale. Madison lança un embargo contre l’ancienne mère- patrie, choisissant de résoudre la crise par des armes économiques plutôt que militaires, ce qui fit plus de tort à l’économie américaine qu’à l’économie britannique. Embargo qui, de plus, rendit Madison très impopulaire. Comme Jefferson avait choisi Madison comme successeur, cela ne fit qu’amplifier le mécontentement envers Madison d’une part, et envers les Britanniques d’autre part. Ce ressentiment envers les Britanniques crût tout au long des premières années du 19e siècle à mesure que les Faucons de guerre - groupe dont faisaient partie Henry Clay et John C. Calhoun -  exacerbaient les émotions et avançaient des accusations contre les Britanniques qui, selon eux, attisaient les flammes de la guerre au sein des Premières Nations dans l’Ouest et ce, dans le but de freiner l’expansion américaine.

L’Amérique en guerre contre la Grande-Bretagne

Incapable d’endiguer la marée de protestations, Madison fit connaître ses intentions de déclarer la guerre au Congrès. Le vote fut loin d’être unanime : 79 contre 49 à la Chambre des représentants et 19 contre 13 au Sénat. Les États-Unis étaient une fois de plus en guerre contre la Grande-Bretagne, mais, cette fois-ci, n’étaient pas portés par les convictions puissantes et profondes, ni par les idéaux, ni par les objectifs qui avaient motivé la révolution. Le principal but de Madison était de vaincre le Canada et d’en occuper une partie. Nombreux étaient les Américains qui étaient convaincus que le Canada finirait de toute façon par être absorbé par les États-Unis à mesure que le pays prenait de l’essor. En battant les troupes britanniques en Amérique du Nord, Madison espérait mettre un terme aux abus britanniques reliés aux citoyens américains et au commerce des marchandises.

Bien qu’ayant déclaré la guerre et amorcé des opérations militaires contre l’ennemi, Madison découvrit que son pays n’était pas préparé à se lancer dans de longues campagnes décisives. Les premiers résultats furent dégrisants, à commencer par la capitulation de Fort Detroit en 1812. À partir de 1813, les troupes américaines commencèrent à contrecarrer les victoires britanniques, puis elles accumulèrent leurs propres victoires et occupèrent le territoire canadien, mais une mauvaise préparation à la guerre et une logistique complexe revenaient à dire qu’elles avaient du mal à tirer profit de leurs succès : elles se retrouvèrent bien vite sur la défensive face aux troupes britanniques, canadiennes et autochtones. En revanche, les Américains étaient plus efficaces sur les Grands Lacs, remportant une série de batailles, y compris celle de la fabrication des navires de guerre.

Tout cela n’empêcha pas les Britanniques de rapprocher de plus en plus leurs troupes terrestres de Washington.  Maintenant que les guerres en Europe étaient terminées, les effectifs britanniques avaient grossi grâce aux soldats endurcis, soldats qui s’étaient battus dans les difficiles mais néanmoins fructueuses campagnes qui avaient eu raison de la Grande Armée de Napoléon Bonaparte. Chevauchant vers Bladensburg, au Maryland, Madison constata de lui-même la force militaire des troupes britanniques et conclut que les chances de la milice américaine étaient bien minces. Pendant son absence de la capitale américaine, les Britanniques lancèrent une audacieuse attaque contre la Maison-Blanche et le Capitole, pillant les deux édifices, ils  y mirent ensuite le feu et provoquèrent d’énormes dégâts; ceci pour se venger du pillage dont avait fait l’objet la ville de York (Toronto) que les Américains, après avoir battu les Britanniques, avaient vandalisée et incendiée le 27 avril 1813.

Le traité de Gand

Bientôt, il y eut moins de victoires britanniques et grâce à la maîtrise des lacs et des opérations militaires réussies à Baltimore et plus tard à la Nouvelle-Orléans, la population américaine se mit à appuyer et à encourager les efforts de guerre de Madison. Il était cependant trop tard. En 1814, les dirigeants britanniques et américains, las de faire la guerre, et étant parvenus à une entente, signèrent le Traité de Gand cette même année. Selon les résolutions du traité, la guerre n’avait jamais vraiment eu lieu. Les territoires conquis furent rendus, les prisonniers libérés et les anciennes frontières rétablies. Ce fut une guerre où la paix fut la seule véritable victoire.

Madison survécut à la première guerre impopulaire de l’histoire américaine. N’étant pas féru de choses militaires, il se concentra bien vite sur les questions économiques, juridiques et commerciales, ayant compris désormais l’utilité d’une armée et d’une marine bien armées et préparées.

Auteur : Jason Ridler

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